16 décembre 2013

UNIFORME

UNE PETITE TENUE DE PRÉFET SOUS LE SECOND EMPIRE (1852-1870)


Tunique à jupe adopté par les membres du Corps sous le II Empire;
(Coll.J.Cornieux)

Comme une évidence, le Corps Préfectoral sous le Second Empire, s'inspire très largement des uniformes  militaires. Quoique corps civil, de tout temps les hauts fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur, ont adopté leurs uniformes en fonction de ceux des officiers de l'armée.

Un membre du Corps Préfectoral vers 1860.

C'est naturellement que la petite tenue est directement copiée de celle portée par les officiers.
En drap fin noir, la tunique est dite à "jupe", sa coupe très cintrée et près du corps. Elle ferme sur le devant au moyen de neuf boutons d'argent timbrés de l'aigle impérial au centre d'une couronne de feuillage.



Son col aux coins arrondis typiques sous cette période est brodé d'une guirlande de feuilles de chêne et olivier surmontée d'une baguette "dent de loup".
Les bas de manche s'ornent de deux petites boutonnière elles aussi dotées de deux boutons de petit module.


Le dos possède deux fausse poches en accolades agrémentées de 3 boutons chacune.


Cette tunique ne possède pas de bas de manche brodés, mais on rencontre parfois aussi ce modèle.
A cette époque, le préfet ne porte qu'un seul rang de broderie.


Le képi complète la tenue, également en drap noir, sa forme est aussi très caractéristique de son époque, très pentue. Sa visière carrée est en cuir noir, doublée de maroquin vert en dessous.
Son bandeau est brodé en cannetille d'argent des symbole du Corps sur tout le tour.
Trois tresses plates en argent forment les "montants' jusqu'au sommet du turban. Sur le dessus  se trouve un triple nœud dit "hongrois" posé sur le calot. La doublure est en soie violette et le marquage du fabricant parisien Dassier 12, rue de Richelieu est inscrit en lettres dorées.
A l'intérieur de la coiffure, est cousu un bandeau de sudation en cuir orné au "petit fer"d'une guirlande dorée.
Il est a signalé que sous le Second Empire et jusqu'au début de la IIIème République, le préfet ne porte qu'un seul rang de broderie sur le col, les bas de manches et sur son képi. C'est seulement en 1873 que la distinctive de deux rangs de broderies pour le préfet et un seul pour le sous-préfet verra le jour.
Les textes officiels d'époque signalent que le képi est identique pour les deux grades. Néanmoins, il est stipulé que le préfet porte sur le sien trois tresses plates verticales sur le turban et deux seulement pour le sous-préfet. 
Celui présenté est donc un képi de préfet, ce que vient confirmer une étiquette intérieure collée sur le renfort en carton du bandeau.
Pourtant, il est très fréquent de voir des sous-préfets en uniforme portant un képi à trois tresses au lieu des deux réglementaires.
 Après 1873, où la distinctive du nombre de rang de broderies à été adoptés pour différencier plus facilement les deux fonctions, le képi des sous-préfets s'ornera la plupart du temps de trois soutaches verticales, mais seulement (en majorité) d'un double nœud hongrois.

Un ceinturon porte-épée en cuir vernis noir à boucle argent  s'accroche à la taille. Le motif des plateaux de boucle représente un mufle de lion. 


Le pantalon est d'après les textes d'époque du modèle en drap fin noir qui se porte sans bandes d'argent, mais ce dernier est peu porté, l'iconographie d'époque montre le plus souvent celui avec bandes d'argent de 45mm de large pour les préfets et 40mm pour les sous-préfets.

L'épée à poignet de nacre et monture argent, porte sur le clavier l'aigle impériale.

09 décembre 2013

PORTRAIT

 COMTE EUGÈNE GUILLAUME  DE FRADEL
PRÉFET DE L'ALLIER 1871-1873


Le Comte Eugène Guillaume de Fradel, Préfet de l'Allier ici vers 1871;
Photographie Martin Flammarion 5 bis, rue de pont à Moulins.
(Collection J.Cornieux)

Proclamée depuis le 4 septembre 1870, la toute jeune IIIeme République voit arriver à la Préfecture de Moulins le 11 mars 1871, un Bourbonnais de souche. Il est nommé préfet par intérim consécutivement à la démission de Louis Combes, suite à la capitulation de Paris. Le Comte De Fradel sera nommé définitivement le 16 mai 1871, à la  demande des députés conservateurs du département de l'Allier.

Le Comte Guillaume Eugène de Fradel est né le 28 avril 1807 à Saint-Félix au château de Rax, de Jean Nicolas de Fradel et Marie Mélanie de Laval. Aujourd'hui disparu, le château fût confisqué lors de la Révolution comme biens nationaux.
La famille de Fradel est  d'origine très ancienne en Bourbonnais. Lors de la  Terreur en Bourbonnais, Gaspard Claude de Fradel  né à Montaigut en Combrailles (le grand père d'Eugène Guillaume),  fit les frais de la Révolution. Mis en résidence surveillée à Cusset (de mars à octobre 1793), emprisonné à Moulins (couvent des Carmélites du 22 octobre au 5 décembre) puis à Lyon où il est guillotiné le 31 décembre 1793, place des Terreaux (parmi les "32 de Moulins") avec comme accusation: "ex-noble, père d'un fils émigré, aristocrate outré et dangereux, arrêté comme suspect dans son district".
 Le château de Rax sera pillé par les révolutionnaires.

Son père, Jean Nicolas de Fradel est un ancien militaire, chef d'escadron, le Préfet de Fradel commença naturellement sa carrière dans l'armée. Il rentre à l'Ecole Royal Spéciale Militaire de Saint-Cyr le 7 novembre 1825 dans la 8ème promotion "1825-1827", il sortira sous-lieutenant en 1827.En 1836, il intégrera le 56ème régiment d'infanterie avec le grade de lieutenant.Il sera démissionnaire quelques temps plus tard.

Il se marie le 1er août 1837 à Moulins avec la fille du Maire de cette ville, Marie Adélaïde Elisabeth Gombault de Séréville. De cette union naîtra 4 enfants.

Le Maire de Moulins, Jean Baptiste Louis Philippe Gombautlt de Séréville est influant , royaliste, cet ancien officier était adjudant-Major (capitaine) au 2ème Régiment de Grenadiers à cheval de la Garde du Roi en 1815.Il fera toutes les campagnes militaires de 1808 à 1814. Ses états de services indiques qu'il eu 3 chevaux morts sous lui!
Il propose à son gendre, le poste de capitaine à la Garde Nationale de la ville de Moulins en 1848. Guillaume Eugène  le restera jusqu'en 1851.

Le Comte Guillaume Eugène de Fradel  sera conseiller municipal de Moulins en 1847 et adjoint en 1853. Il est nommé conservateur du Musée Anne de Beaujeu en 1852, car "il cultive les arts et excelle dans celui de la miniature sur ivoire".

En 1865, il est Conseiller de préfecture sur la proposition du Maréchal Magnan, ami intime de son père.

Le 12 août 1866, il est promu Chevalier dans l'Ordre Impériale de la Légion d'Honneur.
(dossier  Légion d'Honneur-Archives Nationales )

Après ses fonctions de préfet, il reprendra la charge de conservateur du musée de Moulins en 1873.

Il s'éteindra dans son château de Saint-Félix le 21 septembre 1891.

************

En 1872, voici comment le journaliste  Fernand de Rodays alias Louis de Coulanges voit le Préfet Eugène Guillaume de Fradel...dans son livre très anti-républicain, "Les préfets de la République"
(Collection J.Cornieux)

***************


Le fils du Préfet de Fradel, le Commandant Philippe Gaston de Fradel (né à Moulins le 8 janvier 1842 et décédé à Golf-Juan le 6 février 1917). Il fera une belle carrière militaire.


Le Général de brigade Louis Frédéric Gombault de Séréville, vers 1881; Fils du maire de Moulins et beau frère du Préfet de Fradel. Né à Moulins le 1er novembre 1822, il mourra le 30 juillet 1892.
Photographie Rouiller à Vendôme.
(Collection J.Cornieux)

Plaquette éditée en 1860 et rédigée par Jean Baptiste Louis Philippe Gombault de Séréville.
Il est indiqué: ancien  officier supérieur, ancien vice président de la société d'agriculture, membre de la société d'émulation de l'Allier, ancien Maire de Moulins, Chevalier de la Légion d'Honneur et de l'Ordre Militaire de saint-Louis.
Imprimerie Desrosiers à Moulins.
(Collection J.Cornieux)


09 juin 2013

DOCUMENT

1814: L'Empereur Napoléon 1er dans l'Allier

Acquis tout récemment,  voici un document qui une fois décrypté, révèle une tranche d'histoire nationale.

Signé par l'adjoint au  maire de Moulins,  Joseph MARLY, ce feuillet ordonne le transport de militaires (et de leurs bagages) de Moulins pour Montmarault "pour le service de sa Majesté l'Empereur et Roi".

Il est dit que le départ se fera à l'heure de midi  des cours de Bérulle (Ces cours partaient de la rue d'Allier jusqu'à l'actuel théâtre et portaient le nom du Marquis de Bérulle ancien Intendant du Bourbonnais de 1756 à 1760 et qui œuvra largement pour la construction du pont Régemorte dont son épouse posa la première pierre le 4 octobre 1757).

Nous remarquons que ce document est daté du 10 avril 1814...Et là le coté historique du document prend tout son sens.

La campagne de France (de janvier à avril 1814) est une véritable victoire pour l'empire, après avoir gagné de nombreuses batailles, l'Empereur ne peut empêcher l'entrée le 31 mars 1814, des troupes Prussiennes et Russes dans Paris.

La campagne de France 1814.(peint par Meissonier)

Entrée des troupes Russes dans Paris avril 1814

La reddition de Paris, et le refus de combattre des généraux qui l'accompagnent, décident Napoléon à abdiquer à Fontainebleau le 6 avril 1814.

Les adieux de Fontainebleau 20 avril 1814(peint par Montfort)
Le 11 avril, Caulaincourt et Macdonald signent à Paris une convention donnant à Napoléon la souveraineté de l'île d'Elbe et lui garantissant une rente de deux millions de francs par an.
L'Empereur quitte donc Paris pour rejoindre St-Raphael où un bateau l'attend pour rejoindre son île-prison.

Le 21 avril 1814, lors de son exil Napoléon fait halte à Nevers. La journée du 22 verra , les derniers détachements de la garde faire leur ultime escorte à leur empereur jusqu’à Villeneuve-sur-Allier près de Moulins.
Extrait du livre: Histoire de l'Empire par M.A.Thiers  édition de 1867.(Tome IV)
L'Empereur arrive dans le Bourbonnais.
C'est à cette occasion, que le maire de Moulins (le Baron d'Empire DESROYS) met à la disposition de l'Empereur, une garde d'honneur qui s'organise à Montmarault dès le 11 avril 1814, ne sachant pas exactement quant Bonaparte va passer  par le département, ce ne sera finalement que le 22 avril 1814.

La plupart  des départements traversés durant cette triste descente vers le sud, mettent sur pied  pour l'Empereur en signe d'attachement, une escorte.

En marge du document, Joseph MARLY certifie le paiement de 26 francs entièrement payer au voiturier.
Une annotation manuscrite de Georges Etienne Antoine BOUCAUMONT (1767-1832) maire de Montmarault en date du 11 avril 1814 acte l'arrivée des troupes.

Ce document marque la fin de l'Empire Français...pour un temps, car L'empereur fera un ultime retour en France en 1815 avant la catastrophique bataille de Waterloo qui mettra un terme définitif à l'épopée napoléonienne.  

Au dos, une très intéressante note manuscrite du Sous-préfet de l'arrondissement de Moulins: Le Comte Auguste de PONS.

Notons que de 1811 à décembre 1815, un Auditeur du Conseil d'Etat est nommé près du préfet de l'Allier. Il a le titre et les fonctions de Sous-préfet d'arrondissement au sein même de la Préfecture.
Le département compte donc durant cette période 4 Sous-préfectures: Moulins, Montluçon, Lapalisse et Gannat.
Cette éphémère Sous-préfecture disparaitra le 20 décembre 1815.

L'annotation faite le 3 septembre1814, légalise et authentifie la signature de Marly, "adjoint de la mairie de Moulins".

Nous sommes maintenant sous la 1ere Restauration, d'ailleurs le cachets de la Sous-préfecture de Moulins porte la fleur de lys.

Nul doute que le maire et son adjoint, Monsieur MARLY, qui  par cette garde d'honneur mise à la disposition de l'empereur, auront à  rendre compte au nouveau Roi Louis XVIII, d'un tel attachement à celui qui est devenu l'Usurpateur...


(Document collection J.Cornieux)





03 juin 2013

UNIFORMOLOGIE


L'uniforme du Préfet Délégué Robert GRIMAUD
Une des grande réforme de l'Etat Français fût la création des préfets de région le 19 avril 1941. Ces "supers préfets" administraient alors des régions selon un découpage administratif parfois fait contre toute logique.
Ils étaient aidés dans leur tâche par un intendant de police, un intendant des affaires économique et dès le 14 novembre 1941 par un préfet délégué.
Ce dernier avait la gestion du département chef lieu.
Robert Grimaud alors sous-préfet de Coutances, partait pour la sous-préfecture de Montbéliard quand il apprit la nouvelle de sa nomination comme préfet délégué à Dijon.
Ce fonctionnaire fils de préfet, naquit à Bourg en Bresse le 1er juin 1898.
Il participe à la 1ere Guerre Mondiale, il est mobilisé d'avril 1918 à octobre 1919, en 1924 il quitte l'armée avec le grade de Lieutenant.
Cette même année il sera chef de cabinet de son père alors Préfet d'Indre et Loire.
Son premier poste de sous préfet, il l'exercera à Ussel en Corrèze en 1926.
La Cote d'Or est un département où la Résistance est très active dès le début de la guerre et le tout nouveau Préfet délégué Grimaud ne satisfait pas du tout les autorités Allemandes d'occupation, le jugeant trop peu efficace.
Le Haut Commandement Allemand demande immédiatement sa suspension le 9 mai 1942.
A Vichy, on s'exécute....Robert Grimaud est alors affecté comme adjoint au chef du service de l'inspection générale des services administratifs.
En janvier 1943, il prend la tête de la direction générale du service du logement de Clermont-Ferrand, parallèlement, il sera en mai suivant Directeur de Cabinet du Préfet George HILAIRE, alors Secrétaire Général du Ministère de l'Intérieur à Vichy.
Le 17 décembre 1945, il sera mis en "expectative", mesure commune à nombre de fonctionnaires en attente de l'examen de leurs activités durant la période de la guerre.
Passé en commission, Robert Grimaud sera mis à la retraite à l'âge de....48 ans.
En 1953, le Ministère de l'Intérieur lui accorde le titre de préfet honoraire.

L'uniforme:


Taillé sur mesure chez l'incontournable Maison Lussan-Roque à Paris en drap fin brillant de couleur  bleu nuit de très belle qualité, cet uniforme est celui adopté dès 1933 par le Corps Préfectoral.


Le veston croisé porte deux rangées de quatre boutons argent au faisceau de licteur. 4 servent à la fermeture. 
Les attentes d'épaulettes sont en cannetille d'argent , les broderies figurent  2 feuilles de chêne et 2 d'olivier.


Une poche de poitrine est placée sur le coté droit.

Les bas de manches brodés sont depuis l'entrée en guerre, réduits. Comme dans l'armée, les préfets adoptent cette mesure pour réduire la visibilité et rendre ces insignes de fonction moins voyants.
Ici la forme en V de la broderie des bas de manches est une particularité peu rencontrée, on trouve souvent les broderies sous forme de rectangles amovibles. On distingue très bien les deux rangs superposés de broderies indiquant le grade de préfet. 


Une étiquette dans la poche interne, nous indique le nom du titulaire et le mois et l'année de confection: Octobre 1941. C'est bien pour sa prise de poste en novembre 1941, que cet uniforme à été confectionné.

Le pantalon est de coupe large et droite comme l'impose la mode du temps; Il comporte deux poches sur les hanches et une poche "revolver" sur la fesse droite. Une martingale sur le dos, permets d'ajuster la taille.
Une bande de 45mm orne chaque jambe. De soie noire, elle alterne bouquets de feuilles de chêne et d'olivier.
C'est ici un pantalon de petite tenue, pour la grande tenue cette bande est similaire mais en broderie de fils d'argent.



 La casquette présentée ici, n'est malheureusement pas celle du Préfet Robert GRIMAUD. C'est le modèle 1933 avec macaron du 1er type. C'est sans aucun doute ce modèle qu'il portait avec cet uniforme.


 Pour illustrer cet article, voici un document de ma collection, émanant de la Direction Général du Logement de la région administrative de Clermont-Ferrand, dont le Préfet GRIMAUD était le directeur.
Le document daté du 30 juin 1944, réquisitionne un logement à Cusset.(03), il est signé par le directeur local de Vichy.
Autre document, cette modeste et émouvante carte trouvée dans la poche de la veste de cet uniforme (avec une attente d'épaule en cannetille) sur laquelle est inscrit un texte à la mine de plomb, concernant un prisonnier du fort de Hauteville (Les Dijon en Cote d'Or). Un nommé Claude Veil y purge 21 mois d'emprisonnement....
Ce fort, est dès l'occupation allemande, une annexe de la prison départementale, pour les détenus politiques et des Juifs avant de les acheminer vers Drancy. (source site AJPN)

27 janvier 2013

LES MEDAILLES





LA MÉDAILLE REMISE PAR LE CHEF DE L'ETAT AUX MEMBRES DU CORPS PRÉFECTORAL.


On ignore encore précisément les conditions d'attribution de cette médaille, (mais très probablement remise lors de la prestation de serments des Préfets de France le 19 février 1942 à l Hôtel de ville de Vichy) mais c'est bel et bien un modèle uniquement attribué aux membres du Corps Préfectoral. Tous les exemplaires que j'ai pu voir, portent des attributions pour des Préfet et Préfets Régionaux.

Elle est nominative et est l'œuvre de François COGNE (1876-1952),  graveur et sculpteur officiel de l'Etat Français.

D'un diamètre de 60m/m, elle est en bronze. Un seul fabricant, Janvier-Berchot à Paris, est répertorié, son poinçon triangulaire aux initiales JB, figure sur la tranche de la médaille à coté du poinçon "bronze".

L'avers représente le buste du Maréchal Pétain vu de profil gauche. En exergue sont inscrits ces mots: PHILIPPE PÉTAIN MARÉCHAL DE FRANCE* CHEF DE L'ETAT*
La signature de l'artiste F.COGNE figure au niveau du cou, à droite du buste.

Avers de la médaille.
(Coll.J.Cornieux)

Le revers reprend la symbolique qui est celle de l'Etat Français, à savoir un groupe central représentant la Patrie au centre, la Famille à gauche et le Travail à droite. Au dessus la devise adoptée par le régime "FAMILLE PATRIE TRAVAIL".
Dans la partie basse de la médaille, on trouve la mention "OFFERT PAR LE MARÉCHAL", puis  la gravure nominative composée du nom du préfet et du nom du département auquel il est rattaché.
La Francisque Gallique est représentée au bas de la médaille.(sur tous les modèles observés (3), le fer gauche de la Francisque porte une faible gravure)

Avers de la médaille, exemplaire donné par le Maréchal à Monsieur Billecard, Préfet des Ardennes.
(Coll.J.Cornieux)

Médaille attribuée à Monsieur GAUDARD, Préfet de Belfort.
(Coll.J.Cornieux)

Un autre modèle du même graveur existe, il est similaire en tous points, si ce n'est que le champ réservé au revers pour l'attribution est chargé des 7 étoiles de Maréchal.



Pour information, le Préfet Billecard aidera activement la Résistance dans les Ardennes en livrant de nombreuse informations stratégiques, et Gaudard sera arrêté par les Allemands le 14 mai 1944.



13 janvier 2013

UNIFORMOLOGIE

LA CASQUETTE DU CORPS PRÉFECTORAL A LA LIBÉRATION

De Gaulle reçu par le Préfet Luizet à la Préfecture de police de Paris en octobre 44.
(Coll.J.Cornieux)

Casquette de Commissaire de la République  fin 1944, elle arbore l'insigne à la croix de Lorraine;
(Coll.J.Cornieux)

Dès août 1944, de nombreuses ville française sont libérées, la vie reprend peu à peu et les commémorations officielles rythmes à nouveau la société civile et militaire.
Les membres du Corps Préfectoral nouvellement nommés par les Comité Départementaux de Libération reprennent la tête des cortèges et des délégations.
la Francisque adoptée par l'ancien régime au pouvoir est bien évidement enlevée des uniformes et certains préfet et sous-préfets arborent sur leurs casquettes un nouvel insigne, symbole de la France libre...La croix de Lorraine adoptée par le Général De Gaulle et les Forces Françaises Libres.
La majorité se contente de faire modifier l'insigne à la Francisque, en faisant supprimer les fers de la Francisque et  ainsi la transformer en faisceau républicain.
Le Préfet Luizet, on remarque l'insigne du 2ème type (insigne circulaire, apparu selon l'iconographie durant l'année 1944) de sa casquette dont les fers de la Francisque ont été supprimés  devenant ainsi un faisceau républicain.
(Coll.J.Cornieux)
Autre vue d'un macaron du 2ème type modifié à la Libération, sur la casquette du préfet Roger Léonard.


Casquette de sous-préfet à macaron à Francisque du 2ème type, tel que porté  sous l'Etat Français.

Aucun textes réglementent, à ma connaissance, le port d'un tel insigne et c'est je suppose, des initiatives personnelles en attendant l'adoption d'un nouvel insigne officiel. Beaucoup de membres du Corps Préfectoral ont été des résistants actifs, et c'est pour eux l'occasion de montrer leur attachement au Général de Gaulle.

Le nouvel insigne porté des octobre 1944 par les nouveaux Commissaires de la République, nommés de 1944 à 1946.

L'insigne est d'un modèle identique à celui du 1er type instauré en juin 1942, mais de taille légèrement réduite et au feuillage plus "ramassés". C'est bien un insigne spécifique fabriqué tel quel, dès octobre 1944 et non un modèle du 1er type qui à été modifié, comme c'est le cas pour les insignes circulaires du 2ème type.
Au centre des sept feuilles de chêne se loge maintenant la croix de lorraine.
Paradoxalement, les 7 feuilles faisant allusion aux 7 étoiles de la dignité de Maréchal sont conservées.

Le port de la casquette à l'insigne du 1er type modifié a aussi été de mise...Les modifications permettant une réelle économie durant cette période ou tout manquait.


Au centre le Sous-préfet VAujour en...1953. Il porte la casquette a insigne du  1er type modifié par la suppression des fers de la Francisque.



Insigne du 1er type instauré par l'Etat Français en juin 1942.

L'iconographie montrant le port de ces casquettes est rare.

 Une cérémonie fin 44....Ce Commissaire de la République porte une casquette au macaron à croix de Lorraine.

Apres agrandissement, on voit bien l'insigne à la croix de Lorraine qu'il porte sur sa coiffure.

Dès 1948( c'est la date la plus ancienne que je possède pour le port de ce nouvel insigne), un nouvel insigne sera donné aux coiffures des membres du Corps.

Le Préfet Haag, sa casquette arbore le nouvel insigne .
(Coll.J.Cornieux)